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17/03/2017

Le président de la Capeb a rencontré la candidate Marine Le Pen

Dans le cadre des élections présidentielles, le président Liébus a décidé de rencontrer les principaux candidats pour leur exposer les préoccupations de notre secteur. Le 7 mars dernier, c'était au tour de Marine Le Pen. 



Le président de la Capeb a rencontré la candidate Marine Le Pen
© ©Jean-Claude Moschetti/REA

• La fiscalité

La présidente du Front national a indiqué notamment qu'elle souhaitait préserver les dispositifs fiscaux actuellement existants. Maintien de l'investissement locatif (Pinel) et maintien du CITE (Crédit d'impôt pour la transition énergétique). Elle a rappelé qu'elle voulait faire de la lutte contre la précarité énergétique et de l'isolation de l'habitat une priorité budgétaire de son quinquennat sans pour autant préciser les moyens budgétaires affectés à cette priorité. Elle a précisé également que l'isolation des bâtiments publics devait faire l'objet d'un grand plan national.

Patrick Liébus a expliqué cependant qu'il n'y avait pas que l'isolation qui permette d'atteindre les objectifs d'économies d'énergie.

La candidate a également rappelé qu'elle maintiendrait le taux réduit de la TVA pour notre secteur et qu'elle souhaitait élargir les critères du PTZ Accession.
En ce qui concerne la baisse des charges pour les entreprises, Marine Le Pen a précisé que les TPE-PME restaient le cœur de cible de son projet et que la baisse des charges était l'une de ses priorités. Elle a ajouté vouloir transformer le CICE (Crédit d'impôt Compétitivité Emploi) en une baisse de charges, sauf pour les entreprises qui détruiraient de l'emploi.

• RSI

Marine Le Pen a qualifié l'organisme de véritable « serial killer » des indépendants. Elle souhaite que ses ressortissants puissent avoir le choix entre le régime général ou un régime indépendant axé sur l'autodéclaration, tout comme pour la TVA.

Patrick Liébus a rappelé l'attachement de la Capeb (et de l'U2P) au RSI tout en souhaitant que des améliorations importantes et rapides puissent être apportées à son fonctionnement, ce qui implique de donner au RSI les moyens de se réformer.

La candidate, si elle est élue, proposera également une amnistie générale des arriérés de paiement au RSI. Sur ce point, le président Liébus a fait part de ses plus grandes réserves dans la mesure où il serait très risqué d'ouvrir ce type d'amnistie à tous les ressortissants sans exception et sans discernement. Pour lui, il s'agit en effet de ne pas faire peser sur les entreprises respectueuses des règles des comportements se situant en marge de la loi.

• Retraite

En matière de retraite, Marine Le Pen a rappelé qu'elle souhaiterait ramener l'âge de la retraite à 60 ans.

• Pénibilité

La candidate a redit qu'elle entendait supprimer le compte pénibilité en insistant sur la nécessité de reconstituer une véritable médecine du travail.

Le président Liébus a précisé que la nécessaire réforme du compte pénibilité devait s'appuyer sur un principe de solidarité et de mutualisation de l'ensemble des secteurs économiques, publics et privés, et que cette réforme devrait inclure un volet développement de la prévention.

• Travailleurs détachés

Marine Le Pen a qualifié la directive Travailleur détaché de véritable « délire » et a dénoncé les dispositions de ce texte qui constituent pour elle « priorité à l'emploi étranger ».

Le président Liébus a rappelé l'hostilité de la Capeb à cette directive qui n'entraîne que concurrence déloyale et déstabilisation de notre secteur.

• Loi Travail (Loi "El Khomri")

La candidate a confirmé qu'elle supprimerait la loi El Khomri si elle était élue en mai prochain, rappelant la nécessité notamment de la primauté des accords de branche sur les accords d'entreprise.

Le président Liébus a rappelé que la Capeb avait combattu un grand nombre de dispositions de la loi El Khomri. Pour autant, il a ajouté qu'il convenait de maintenir certaines dispositions importantes adoptées dans la loi Travail, notamment concernant l'évolution du licenciement pour motif économique pour nos TPE. C'est, en effet, une bonne mesure, tout comme l'inaptitude au travail dont certaines dispositions représentent une avancée.

• Prélèvement à la source

Le président Liébus a répété sa totale hostilité à ce dispositif.

La candidate a également dit qu'elle était opposée au prélèvement à la source, qu'elle supprimerait.

• Marchés publics

Marine Le Pen a fermement rappelé son souhait de maintenir l'allotissement et la nécessité de réserver une part importante de la commande publique aux TPE-PME, disposition que la Capeb approuve, sous réserve évidemment, d'un accès direct à la commande publique et non en sous-traitance.
Elle a par ailleurs indiqué qu'elle était tout à fait opposée aux appels d'offres européens, sa priorité étant de donner de l'activité à nos entreprises.

• Apprentissage

La candidate a évoqué sa proposition d'ouvrir l'apprentissage dès 14 ans.
Sur ce point, le président Liébus a fait part de son désaccord. La Capeb ayant toujours préconisé un apprentissage à 16 ans afin d'assurer aux jeunes la maîtrise des fondamentaux.
Patrick Liébus a également précisé qu'il fallait impérativement réformer le mode d'orientation des jeunes trop orienté par l'Education nationale.

Après ce large tour d'horizon, le président Liébus a acté d'un certain nombre de propositions de la candidate qui rejoignaient les préoccupations formulées par la Capeb. Cependant, il a fait part de sa très grande préoccupation quant aux conséquences économiques du programme de Mme Le Pen qu'entraineraient une sortie de l'Euro et de l'Europe.
Pour lui : « Une sortie de l'Euro entrainerait inévitablement une augmentation du coût des matières premières et de l'énergie dont les entreprises artisanales du bâtiment sont directement tributaires. Le rétablissement de barrières douanières conduirait également à une hausse du coût des importations. » Dans la continuité, il a estimé que : « La sortie de l'Euro risquerait de pénaliser principalement les classes moyennes et les revenus modestes. L'accès du coût au crédit serait également assurément renchéri. »
Par ailleurs, Patrick Liébus s'est interrogé sur l'impact économique du programme de la candidate, même pour une grande puissance économique telle que la France qui ne peut pas se permettre d'être isolée au sein de l'espace économique européen. Il a surtout tenu à préciser que : « La sortie de l'Euro ouvrirait inévitablement une période d'incertitude, voire d'inquiétude dont le secteur du bâtiment serait le premier impacté, car, dans les périodes économiques dégradées, les ménages et les particuliers ne sont pas incités à se lancer dans les travaux de rénovation ou d'acquisition de logements. »

En conclusion : si un certain nombre de propositions du programme de Mme Le Pen vont dans le bon sens, le financement d'un grand nombre de mesures reste très incertain et aléatoire.

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